Erik Samakh réalise des installations sonores interactives avec des matériaux naturels ou électroniques.
Erik
Samakh - Grenouilles communicantes
Dans Grenouilles communicantes montré en 1991 dans la manifestation Machines à Communiquer, des grenouilles vivantes " conversent " avec des grenouilles enregistrées. L'installation Les Joueurs de flûte, est constituée d'une vingtaine de modules émettant un son un peu répétitif, comme le chant d'un grillon. Ils furent placés à Enghien dans la banlieue de Paris dans le marronnier près de l'établissement thermal en 1997. En 1998, l'installation sonore, est diffusée à partir de l'île des Cygnes et, de là, se propage dans la ville, où d'autres emplacements sont envisagés afin de faire rebondir les sons de manière inattendue.
Les sons pour Les Joueurs de flûte, sont toujours assez brefs et ont des tonalités différentes, parce que chaque module, avec l'énergie autonome de son capteur solaire, souffle de l'air dans une flûte d'un modèle unique. Comme il y a une vingtaine de flûtes, le jeu d'harmoniques comporte des combinaisons étendues. La source d'énergie solaire introduit une modulation d'intensités suivant les rayonnements lumineux. Ces deux paramètres contribuent ensemble à un renouvellement sonore permanent, jusqu'au silence durant la nuit. Cette variation coïncide avec le milieu lui-même. Comme des animaux, les modules réagissent aux alternances du jour et de la nuit et aux conditions climatiques. Erik Samakh mêle dans son travail son intérêt pour la nature et son intérêt pour la technologie. Il souhaite que l'interface avec l'utilisateur soit la plus directe possible et que le spectateur ne voie pas les machines technologiques. Il explore les interactions entre les machines et l'environnement. " Les recherches d'Erik Samakh présentent la particularité de mêler sans préjugé, et cela n'est pas une mince affaire, sa passion pour la nature et sa passion pour ce qu'on appelle les nouvelles technologies. Pour lui, l'espace est commun entre la nature et la technique. La seconde ne fait souvent que s'appliquer à rattraper la première qui elle-même apparaît à l'observateur un tant soit peu attentif comme un extraordinaire complexe biotechnologique. Grosso modo, l'oeuvre d'Erik Samakh se répartit en deux catégories, d'une part, des installations acoustiques réalisées à partir de dispositifs technologiques généralement autonomes et interactifs (les MAA, modules acoustiques autonomes), et d'autre part, des environnements naturels de type sous-bois ou marécages dans lesquels Erik Samakh crée des situations d'ordre communicationnel entre espèces, aussi bien animales (et Samakh n'oublie généralement pas d'y inclure l'être humain) que végétales, et ce sans faire forcément appel à la technologie " . Les installations sonores d'Erik Samakh sont discrètes et ne perturbent pas l'environnement. Elles nous rendent sensibles à la beauté des petits sons de la nature, ces sons qui interagissent avec notre imaginaire.
L'écologie sonore ou écologie acoustique est à la
confluence d'intérêt des urbanistes, des musiciens, des sociologues,
des historiens, des géographes, des ingénieurs, des designers,
des médecins... L'écologie acoustique nous invite à être
plus vigilants aux sons qui nous entourent. Il s'agit d'une écologie
de la perception. " Il y a-t-il une musique du camion qui passe ?" disait John
Cage, s'insérant dans cette démarche. L'écologie acoustique
s'occupe aussi des nuisances sonores : nuisances sonores dans la ville, mais
aussi nuisances sonores de nos machines. Elle pose la question de la nuisance
sonore. Quelles améliorations dans le paysage sonore pouvons-nous apporter
? Un son de machine peut devenir un son riche et agréable suivant la
perception que l'on en a. La perception sonore est toujours disponible, on ne
peut fermer nos oreilles, mais nous nous fermons à certains sons familiers,
agréables ou désagréables. Le son fait partie d'un contexte
et est interprété en fonction de ce contexte. L'écologie
sonore se fixe comme but de lutter contre la pollution sonore, mais surtout
d'élaborer des environnements sonores attractifs et bons pour la santé
de l'individu. " La pollution sonore vient du fait que l'on n'écoute
pas attentivement. Nous devons chercher un moyen pour rendre positive l'étude
de l'acoustique environnementale. Quels sons devons-nous préserver, encourager,
multiplier ? Quand on sait cela, les sons ennuyeux ou destructifs seront suffisamment
identifiables et l'on saura pourquoi on veut les éliminer. Seule une
complète appréciation de l'environnement acoustique peut nous
donner les ressources pour améliorer l'orchestration du paysage sonore
du monde " . Un autre but de cette écologie est de préserver des
sons en voie de disparition, se rapprochant en cela de l'ethnographie sonore.